Flash et le référencement
Par Marie, jeudi 10 juillet 2008 à 16:06 :: General :: #18 :: rss
Cela semble être une évolution majeure dans le monde du référencement et plus largement dans la conception de sites internet : un accord Google-Adobe rend référençable textes et liens des sites en Flash.
L’accord avec Google
La nouvelle est tombée il y a quelques jours sur Search Engine Land : Adobe a signé un accord avec Google pour rendre le contenu des animations Flash accessible aux moteurs de recherche. Cela fonctionne à priori dès à présent, avec tous les fichiers SWF existants, sans modification, mais uniquement concernant les textes et les liens. Cela ne change rien, en revanche, en ce qui concerne les vidéos et les images. La source officielle est là.
L’accord semblerait être conclu également avec Yahoo, mais à une échéance de mise en application non connue. Adobe se dit bien sûr ouvert à d'autres partenariats.
Explications
Rappel : Pour indexer le web, Google utilise des robots (les googlebots) qui parcourent les pages d’un site une à une et en analysent le contenu. Le problème jusqu'ici : ces robots ne savent lire que le HTML. Ce qui veut dire par exemple qu'un formulaire est a priori infranchissable. Et, de la même manière, que les contenus “riches” (vidéos, sons, animations Flash…) ne sont pas indexés. Rien de très grave, comme le rappelle très justement Abondance : les référenceurs avaient trouvés des parades pour indexer correctement les pages contenant des fichiers flash. Depuis quelques mois, les moteurs de recherche indexent même les fichiers .swf, si ce n'est leur contenu. Et ces mêmes référenceurs n'oubliaient pas de déconseiller fermement les sites dont la navigation reposerait exclusivement sur du flash.
La nouveauté, c'est donc qu’Adobe a fourni à Google et Yahoo! un robot qui est capable d’analyser certains contenus d’un fichier Flash : les textes et les liens. Le robot d’Adobe est également capable d’interagir avec votre fichier Flash. En d’autres termes, il peut cliquer sur les boutons et faire tout un tas d’opérations de base qui lui permette “d’explorer” l’application, comme un utilisateur pourrait le faire. De plus, cela permettra d'utiliser des extraits de texte trouvés dans le fichier SWF pour créer un snippet (petit descriptif qui apparaît sous chaque résultat dans Google). Si le crawler repère dans le contenu texte des URLs, il les ajoutera à sa pile de pages à crawler. Cela devrait permettre sans doute à Google d'indexer d'autres pages du web qui étaient jusqu'à présent invisibles. Adobe présente la bête ici.
Gardons un certain recul
Les sites en Flash souffriront toujours du même mal : l'absence de maillage interne. En effet, dans la plupart des cas, un site Full Flash possède une page HTML qui inclut l'animation Flash, et tout le reste du site se trouve dedans. Il n'y a donc aucune possibilité d'optimisation du netlinking, ce qui est pourtant absolument essentiel dans l'optimisation du référencement naturel : en interne, on ne peut pas multiplier les liens croisés ; en externe, on ne peut pas fournir une url distincte pour chaque page : tous les éventuels liens entrants pointeront donc sur la "home" de l'animation (hors bidouille à la SWF Adress, mais le lien entrant "spontané" ne connait pas forcément SWF Adress). Alors, si Google peut indexer le flash mais qu'il est impossible d'optimiser les liens entrants (et le linkbuilding, c'est important!!), cela reste un peu useless.
Autre optimisation qui sera difficilement possible : la structuration du contenu. En effet, il ne faut pas oublier qu’un bon référencement se travaille sur toutes les pages d’un site. Une des applications connexes des CSS, c'est qu'on peut grâce aux feuilles de style dissocier mise en forme et structure du contenu. Autrement dit, on peut mettre le contenu dans une structure html aussi "pure" (au sens du W3C notamment) que possible (titre, entête, h1, h2, etc.). On sait que cela permet un meilleur référencement. Le flash lui ne respectera pas cette contrainte. Même si demain Google l'indexe et le comprend, il faudrait aussi qu'il adapte ses critères de ranking. Comment les adapter ? C'est une autre histoire, qui s'annonce bien complexe. Comment comparer notamment un site structuré en html et un site structuré en flash ? La question va se poser.
Pour Fred Cavazza, Google va même "passer à côté de toute la diversité et la richesse des contenus Flash". On est bien d'accord : l'intérêt même du flash, c'est de dépasser les contraintes de mise en forme du html pour des questions généralement liées au design et à des impératifs d'image.
Pour l'instant, en tout cas, ces questions sont plus théoriques que pratiques : même si l'annonce de cette évolution est dite à "effet immédiat" par Adobe, il n'en demeure pas moins qu'on en voit pas encore les effets dans les résultats des moteurs de recherche. Entre l’effet d’annonce et la mise en pratique, il y a toujours un monde. Ne soyons pas trop rabat-joie, tout de même : même s’il manque encore beaucoup de travail , d'informations et de recul sur cette innovation pour pouvoir indexer de façon réellement efficace l’intégralité du contenu des fichiers Flash (images, vidéos…), elle semble présager un avenir prometteur pour les adeptes de ce langage. Et toutes les initiatives des moteurs de recherche vers la prise en compte de contenus plus riches (flahs mais aussi ajax) sont à saluer : elles vont dans le bon sens !





Commentaires
1. Le jeudi 10 juillet 2008 à 18:02, par Alexandre
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